Clémentine, par ce petit "historique" tu découvriras une petite partie de notre histoire racontée par ton Papa.
Il est clair que je ne vais pas entrer dans les détails des conflits qui opposent tes parents mais juste étaler des faits réels. Tout ce qui est cité n'est que le reflet de la vérité.
Tout simplement.
Clémentine voit le jour à l'hôpital de Morges
Après moultes anecdotes plus ou moins cocasses voire triste, j'écris une lettre au juge de paix afin de signaler mon inquiétude et de régler de manière claire notre situation. Je demande également un test ADN afin de confirmer ma paternité.
Convocation chez le tuteur général: premiers contacts un peu sec mais j'ai confiance en leur travail.
Convocation pour prise de sang du test ADN, tu n'es pas là, ta maman non plus...
L'institut medico-légal n'est pas un milieu de rigolos et j'ai plutôt l'impression de passer pour un gros méchant: photos signée, prise d'empreinte digitale. Ca y'est, je suis fiché.
Enfin les résultats des tests: positif. C'est un réel soulagement !
Comme je sens que je vais être écrasé par le système juridique, je contacte un avocat pour m'aider dans mes démarches.
Presque une année après ta naissance, je vais à l'Etat Civil signer les documents qui atteste que je suis ton Papa. Enfin !
Je vais passer sur tous les détails, mais l'année 1999 s'est soldée par d'interminables et incompréhensibles échanges de courriers entre avocats, tuteur général et juge.
Ta maman n'accepte toujours pas les conventions pourtant correctes et supérieures à la moyenne que nous proposons.
Nous pensons même organiser notre première réunion au "Point Rencontre" un espace réservé à l'échanges des enfants lorsque les parents sont en situation de conflit important.
Un courrier nous indique même que ta maman a élu domicile en Israël...
Le temps passe Clémentine, je ne t'ai toujours pas vue...
Les choses commencent à bouger, un juge viens vous rendre visite à votre domicile de Villars-Bozon.
Dans un courrier envoyé au juge ta maman t'appelle maintenant Zaïtha... je passe une fois de plus le contenu fantasque du courrier.
Date à noter d'une pierre blanche: pour le première fois nous nous voyons chez toi avec le présence du juge.
Ta maman ne devait pas être là, tant pis, c'est TOI Clémentine que je suis venu voir. Ton petit rire strident, tes cheveux blonds, ton regard plein de malice et ton petit bec sont restés gravés pour l'éternité.
Dommage que ta maman n'ai pas voulu que je te prenne en photo ni que nous ne prononcions le mot "papa"... Quel plouc j'ai respecté ses désirs...
Après échanges de fax entre la maman de Clémentine et le juge, ce dernier effectue une demande d'enquête à propos de la situation de la maman au Service de Protection de la Jeunesse (SPJ).
Le SPJ réponds au Juge que cela n'entre pas dans le cadre de son mandat ...
Le journal "Le Temps" écrit un article dénoncant la surcharge de travail du SPJ.
Demande écrite au Juge afin de sommer le SPJ d'exécuter son mandat.
Lettre de sommation du Juge de paix au SPJ pour un mandat d'enquête.
Soit 5 mois plus tard... le SPJ reprends contact avec le Juge de paix.
Audience avec la Justice de paix du cercle de l'Isle. La représentante du Tuteur Général, la maman et moi-même y sommes conviés. Comme d'habitude la maman ne viendra pas. J'apprends lors de cette séance avec stupeur, que la représentante du Tuteur Général avait déjà eu affaire avec la maman une vingtaine d'année plus tôt pour une situation similaire...
Par contre, le juge et ses assesseurs sont à l'écoute; j'ai enfin l'impression que les choses vont bouger.
Pas de nouvelles, relance du juge.
L'Office du Tuteur Général se réveille et revient à la charge pour une convention alimentaire.
Je n'ai toujours pas d'autres nouvelles... et nous relançons le juge.
Le juge relance l'avocat de la maman, le Tuteur Général et statue un dernier délai au SPJ.
Premier contact avec le SPJ et le juge. Je raconte mon histoire pour la Xème fois...
Le SPJ vient visiter mon appartement. J'avoue trouver ceci un peu douteux mais malgré tout je suis très heureux qu'il se passe enfin quelque chose. J'ai vraiment l'impression que je vais enfin pouvoir retrouver Clémentine tout bientôt !
Grand moment d'émotion ! Le SPJ va enfin chercher Clémentine, je la retrouve en leurs locaux en fin de matinée. Je n'arrive pas a y croire, nous allons enfin pouvoir nous retrouver "pour de vrai".
Le personnel du SPJ a dû la "préparer" un peu, imaginez juste que Clémentine n'avait pas 4 ans, elle ne voulait pas les croire quand ils lui ont dit qu'elle allait voir son papa puisque j'étais mort...
Cette journée restera une des plus belle de ma vie. Quel bonheur !
Je pourrais écrire des pages et des pages entières sur cette première journée.
Depuis ce jour, mes employeurs étant au courant de la situation, me laissent carte blanche sur mon temps de congé.
Nous avons donc eu deux semaines, 24 heures sur 24 pour s'apprivoiser l'un l'autre. Même si le déclic s'est produit immédiatement, notre complicité s'est développée et affirmée de jour en jour.
Il est clair que les mesures prises par la justice de paix a déclenché un tollé d'indignation auprès des proches amis de la maman. Je les comprends parfaitement et je ne leur en veut nullement. Mais il faut convenir que ces personnes ne connaissent que la version présentée par la maman qui, sans enlever le respect d'éducation et d'amour qui sont déployé envers Clémentine ne reflète qu'un petite partie de la vérité.
Audience avec la Justice de paix du cercle de l'Isle. Cette fois, la maman est enfin présente en compagnie de son avocat; ma présence n'est pas nécessaire cependant mon avocate représentera mes intérêts.
La Justice de Paix instaure une ordonnance de mesures provisionnelles qui:
- confirme le retrait de droit de grade à la maman.
- attribue ce droit de garde au papa.
Une Psychiatre envoie une lettre au SPJ m'accusant d'avoir eu des relations avec sa fille aînée ET que la naissance de Clémentine est le produit d'un viol... Ca c'est le bouquet !!!
Nous dénoncons la psychiatre au Conseil de discipline de la Société vaudoise de médecine.
Nous déposons plainte pénale au Juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne à l'encontre de la maman à propos de ses accusations.
Un recours est déposé par l'avocat de la maman contre la décision de la Justice de Paix
Le Président de la Chambre des Tutelles du Tribunal cantonal accorde un effet suspensif au recours !
C'est à dire que, malgré l'avis favorable à mon égard du SPJ, le recours est accepté et Clémentine doit retourner chez sa maman...
Une convention de droit de visite est enfin signée.
Afin de ne pas faire obstruction à la justice, je m'exécute à contre coeur et te voilà à nouveau chez ta maman.
Ma pauvre, tu ne comprends plus rien, moi non plus...
Je viens te chercher pour notre premier week-end "officiel".
Le premier contact est rude, la séparation avec maman n'est pas simple. En rentrant à la maison nous parlons et je comprends immédiatement la raison de tes larmes: "Maman a dit que tu étais méchant!" no comment...
Nous passons cependant un merveilleux week-end, c'était le dixième anniversaire d'Allison, ma filleule, tu t'y es amusée comme une folle ;-)
C'est vendredi, il est 18 heures pile, je viens te chercher pour passer le week-end ensemble, nous devons fêter Noël en famille.
Pas de lumière, personne... J'appelle sur le téléphone portable de ta maman et là, les chaussettes m'en tombent: ta maman me dit que toutes les informations concernant votre absence sont consignées dans un courrier recommandé que j'aurai dû recevoir... En bruit de fond, j'entends une annonce comme dans une gare ou un aéroport !!
J'ai encore la chance de pouvoir te parler un bref instant, je sens bien que tu ne comprends pas ce qu'il se passe et tu me demandes si je viens avec vous... ce sera la dernière fois que nous pouvons échanger quelques mots !